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11.03.2008
Ma Folle Jeunesse
Du temps de ma folle jeunesse, il y a près d'une dizaine d'années (oh la vache, le coup de vieux que je me reprends là...) je faisais la dinde avec mes camarades de l'école de commerce. Nous étions une bande de joyeux rigolos insouciants, des gais lurons assoiffés de savoir (mais bien sur), des jeunes gens pleins d'entrains et confiants face à l'avenir qui se profilait devant eux (hein que j'écris trop bien !).
Je me souviendrai toujours du jour où je suis entrée dans ce haut lieu de savoir qu'était l'école de commerce. Mon but était de faire l'école de bibliothécaire archiviste de Lausanne par la suite. Je sortais de l'école secondaire, j'étais une jeune fille complexée (aujourd'hui je ne suis plus qu'une femme complexée. La même, mais plus vieille), j'étais terriblement timide et je manquais de confiance en moi. Mon premier jour fut une véritable torture. Serais-je dans la même classe que mes rares camarades de secondaire ? Y en aurait-il avec qui je m'entendais bien ?
La réponse arriva rapidement. Oui et oui. Je me retrouvais à la même table qu'une copine, tout allait bien. Le lendemain de la rentrée je tombais malade. Deux jours plus tard je revenais et découvrais que ma copine avait pris une autre personne à côté d'elle. La dernière place libre était celle à côté d'un grand échalas thaïlandais, Pô, fumeur de joint invétéré, grand amateur de hip-hop, une grande gueule, un rebelle. Ce n'était pas le beau gars de la classe. C'était l'un des Mecs Cool. Un de ceux dont tout le monde veut être l'ami. Et moi, grosse chose timide, je n'osais même pas le regarder ayant tellement eu l'habitude que le Mec Cool de mon ancienne classe se foute de ma gueule dès que je l'ouvrais (ma gueule donc) ou que je lui jetais un coup d'oeil. Mais Pô était pas comme ça. Lui il me parla. Il me présenta aux deux autres mecs cools de la classe, Jacques et Matthieu. Jacques, le grand métis charmeur, Matthieu l'intello blond et chevelu. Au bout d'un certain temps Jacques et Matthieu devinrent mes amis. Oh, on ne se voyait pas en dehors des cours. A l'époque j'étais une jeune fille très sage. A travers eux je devenais fréquentable par les autres. je n'étais plus la grosse fille moche dans son coin. J'étais la fille un peu enrobée avec Jacques et Matthieu.
Nous avons fait les 400 coups ensemble au cours de ces trois années d'études. Les virées au Chauffage, au Cardinal, les beuveries du bord du lac... Ils m'ont fait découvrir le rap, le funk, l'alternatif, Beaudelaire, Werber, la draft, la smirnoff ice... Je me souviendrai toute ma vie de notre voyage d'étude à Prague, l'une des plus belles villes de la terre. Notre dernière nuit sur place, notre orgie de vodka et notre retours à l'hôtel à pieds, en traversant le Pont Charles, bras dessus bras dessous, moi au milieu pour les guider, les pauvres dormaient debout.
Je me rappelle de notre dernière soirée ensemble, le jour avant la remise des diplômes. Nous étions au bord du lac, une fois de plus, assis autour d'un feu et on se promettait de ne jamais se perdre de vue. Et évidemment je ne les ai jamais revus. Matthieu je le vois de temps en temps, je le croise à mon boulot. Il ne me dis plus bonjour. Nous ne sommes plus ce que nous étions autrefois, des amis. Jacques, lui, je ne l'ai jamais revu, pas même croisé. Il serait devenu comptable à Genève aux dernières nouvelles. Lui qui chantait dans un group de rap... et moi... moi je n'ai pas pu entré dans mon école de bibliothécaire. Les modalités d'entrée avaient changé et je ne correspondait plus aux critères de sélection. J'ai dit au revoir à mes rêves et je suis entrée dans la vie active. On connait la suite.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Oh, c'est très simple. J'ai reçu une invitation de mon ancienne école. Pour fêter ses 125 ans d'existence les anciens élèves sont conviés à une réception. Tenue de soirée obligatoire. Un duo de comique connus (en Suisse hein...) pour faire l'animation, un obscur groupe pour nous faire danser et un grand chef et sa brigade pour nous restaurer. Ira, ira pas, telle est la question... Revoir mes anciens potes dégénérés devenus des ersatz de golden boys, mes anciennes copines de classes plus brushinguées que Farrah Fawcett et dont la conversation tournera inévitablement autour de leur formidable mari, de leur extraordinaire enfant et de leur job surpayé n'est pas exactement une partie de plaisir.
Payer 100.- (genre environ 80 €) pour vivre une soirée humiliante je vois pas bien l'intérêt. A moins que je n'y retrouve une autre fifille qui bosse avec moi. Si on y va les deux, déjà on pourra se foutre de la gueule des gens. Parce que passer ma soirée à faire tapisserie non merci. L'adolescence c'est fait, j'ai donné...

23:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cyanure, jeunesse, ados



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