23.08.2009
Je ne crains plus personne...
J'avais écrit ceci il y a quelques mois, alors que je m'ennuyais gravement à mon boulot, dans ce que nous appelons un « mall ». Un mall, dans un centre commercial, c'est une surface d'exposition-vente de toutes sortes de choses. Cette fois là, il s 'agissait d'une exposition de Harley. Je n'ai pas écrit ceci directement sur mon lieu de travail, mais pendant mes pauses, vu qu'il nous est fortement déconseillé de passer notre temps le nez dans un bouquin ou un cahier d'écriture. Il semblerait que ça nuit gravement à nos performances professionnelles. Ah bon ? :-)
C'est intéressant d'observer les gens quand ils voient une Harley (et encore plus quand il y en a une vingtaine). Les yeux s'illuminent et s' agrandissent, on voit leur souffle s'arrêter un bref instant et surtout on entend leur coeur battre à tout rompre. Et je ne parle pas que des hommes, les femmes aussi s'arrêtent. Mais pour chacun d'eux il y a des raisons différentes à ce subit arrêt en mode bouche-bée.
Le mâle moyen se voit, l'espace de quelques secondes, aux côtés de Jack Nicholson et Henri Fonda, né pour être sauvage (oui, il entend même la musique. Et si on l'observe bien, on peut voir ses mains mimer le mouvement qui permet d'accéler). Ensuite il revient sur Terre et se rappelle qu'il se nomme Roger Dugenou et que son acte le plous sauvage a été de refuser de porter une cravate avec son ensemble du dimanche à l'enterrement de sa vieille tante Jeanne. What a rebel.
Autre constatation, le mâle moyen qui n'a, en règle générale, connu le frisson de la vitesse sur 2 roues que sur un vélomoteur trafiqué pouvant atteindre 55 km/h à son maximum se mue en spécialiste de la moto en général, de la harley en particulier, du moment qu'il a pour publique un membre féminin de la race humaine « tu vois chérie, ce bitoniau là, c'est typique des harleys ». Certes. Mais pas que. Il s'agit du bouchon du réservoir d'essence. Et sauf erreur grossière de ma part, il y en a sur toutes les motos. Tout comme le guidon d'ailleurs, puisqu'on en parle.
La gent féminine n'est pas en reste. Si la femme moyenne s'arrête devant une Harley il y a plusieurs raisons. L'une de ces raisons est que la moto est jolie. Elle brille (on y reviendra d'ailleurs sur ce point de brillance). La deuxième raison c'est parce qu'au delà de la harley, il y a le mec dessus. Le biker. On appelle ça l'effet « Lorenzo Le Rebel Lamas », du nom de l'acteur médiocre (à mon avis hein) de la série Le Rebel. Avant ça y a eu Mickey Rourke. Revenons à notre ami Rebel. Le cheveux long, le regard de braise, le jeans moulant et déchiré, la veste de cuir s'ouvrant sur une absence de t-shirt mais une abondance de muscles en tout genre. Bon après il ouvre la bouche et communique. Du moins il essaie de communiquer. Faut dire que ses deux neurones et demi ne peuvent pas tout gérer. Envoyer l'ordre de bander les muscles histoire de séduire une nénette plus maintenir une température corporelle normale et finalement continuer de respirer ça fait beaucoup. Faut pas espérer l'entendre dire des choses intelligentes hein...Donc là on se prenait la réalité en pleine gueule et ça cassait singulièrement le mythe.
Mais que l'on ai 2 ans et demi ou plus de 80 balais, on s'arrête, même deux secondes, pour admirer une harley. Pourquoi ? Après tout, c'est juste un moyen de transport. Du métal, du plastique, de l'électronique, deux trois trucs mécanique et voilà, on a une Harley. Alors d'où nous vient cette fascination pour la Harley ? Qu'a-t'elle de plus que les autres ? C'est un mythe, une légende de la route. Elle a cette ligne, ce son, cette sensation inimitable. Elle représente une façon de vivre. Liberté, révolte, puissance et pouvoir.
Acheter une harley c'est comme entrer en religion. Père, fils et saint-esprit remplacé par asphalte, harley et biker. De l'asphalte est née la harley. L'asphalte ne serait qu'une bande de bitume sans but si la harley n'état là. Et sans le biker elles seraient toutes deux inutiles. (hein, quoi ? J'exagère ? Tout à fait et même pas honte uh uh uh)
Il faut pouvoir l'assumer sa harley. Parce qu'elle n'est pas une simple bécane interchangeable avec une autre. Ya de la noblesse dans une harley. Il faut savoir assumer l'image qui colle au biker. Il y en a qui se gausse de ces chevaliers de la route au look parfois improbable.
Cheveux long idées courtes, motar = tôlard, cro-magnon bas de plafond, brute tatouée, droguée et alcoolisée. Ça a été vrai pour certains. Et ça l'est encore. Quand on voit une bande de motard on voit une bance de loubard. Eloignez les enfants Marie-Charlotte, des voyous à motocyclette envahissent notre parc. On oublie un peu facilement qu'il s'agit d'une confrérie, solidaire et dévouée.
Une bande de pote qui aime partager le même oxygène, celui, surchargé de co2, s'échappant du pot de leur bécane. Et ils l'aiment leur Harley. Elle est toujours nickel chrome (ahahahahaha. Ah ah. ah.)Une harley est rarement poussièreuse. Ou alors c'est ce que le parrain de ma soeur appelle de la poussière noble. La poussière de la route 66. Rien que ça. Limite si elle était pas sacrée à ses yeux cette poussière. Sa harley il l'aimait tellement qu'il aurait vendu un rein ou membre de sa famille si il avait fallu ça pour l'entretenir. Il nous emmenait parfois en ballade avec lui et j'avais l'impression de voler.
Aujourd'hui mon rapport avec les motos en général et les harleys en particulier est particulier. Je les admire de loin. La dernière fois que je suis montée sur une 2 roues, c'était un scooter et c'était ma soeur qui le conduisait pendant que je lui hurlais à l'oreille « pas trop viiiiiiiiiiite, j'ai peur » et elle me répondait « si je roule moins vite on tombe ». Un jour peut-être, dans un futur lointain, je l'aurai aussi ma harley. Un jour peut-être. Comme un rêve d'enfant qui pourrait se concrétiser. On l'attent toute sa vie et on ne l'aura jamais, mais on continue d'espérer...
14:58 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Commençons par le commencement... Je suis loin d'avoir ton talent d'écriture, qui, il faut le dire, est superbe! J'ai lu quelques articles, et même si ce que tu racontes en lui même arrive un peu à tout le monde, tu en fait une chose hors du commun... non je suis pas lèche-bottes, mais les commentaires du genre "hé mamazel ton article tu tou, jador", je préfère éviter. Tout ça pour te dire que je suis devenue fan de ce blog trouvé par hasard, et que vraiment, si tu as l'intention de publier un truc, je prends!
Ecrit par : Noweria | 21.11.2009
Hé ben merci beaucoup ^^
ça fait drôlement plaisir ! Un jour je publierai, oui, un jour... j'espère que ce sera pas ma notice nécrologique dans le journal, c'est tout
je suis super touchée par ton commentaire, merci beauuuuuuuuucoup encore ;-)
Ecrit par : Cyanure | 22.11.2009
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