05.07.2008

Le Chaton

Ça avait commencé avec un chaton. Une adorable boule de poils noire et blanche. Évidement Bob s'en foutait comme de son premier couteau suisse. Tout juste si il avait remarqué que la bestiole le suivait partout. D'ailleurs au début il ne l'avait pas vue. C'est son voisin qui l'avait chambré à ce sujet. Et Bob n'avait pas apprécié. Il s'était retourné et avait jeter un sale coup d'oeil à la pauvre bête. N'importe quel animal aurait détalé en voyant ce regard. L'instinct de survie. C'était l'oeil du chasseur. Mais pas ce chaton. Il n'avait pas eu peur. Il était resté à distance respectueuse cependant, faisant sien l'adage de "on n'est jamais trop prudent".

Au bout de quelques semaines Bob s'était habitué à la présence du jeune félin. Sans aller jusqu'à dire qu'il l'aimait, il le tolérait du moins. Au bout de trois mois c'était un deuxième chat qui était arrivé. Un chat roux, tigré. Puis les choses s'étaient emballées.

Un autre chat, puis encore un autre, puis un chien, puis deux puis trois, puis plein. Bob s'était calfeutré dans sa maison, se faisait livrer toute sa nourriture. Au bout d'un an c'était toute une ménagerie qui s'était installée dans la cour de sa maison. Etrangement les voisins ne disaient rien. Bob était certain qu'ils faisaient exprès, qu'ils faisaient semblant de ne rien voir, juste pour l'embêter. Si il avait été du genre à parler à ses voisins, il aurait appris avec surprise qu'ils ne voyaient rien. A part ce chaton noir et blanc. Ce chaton qui ne grandissait pas.

Puis un matin ce fut un adolescent qui vint camper dans sa cour. Et là Bob comprit. Ce qui lui restait de raison s'enfuit à cet instant. Il se barricada, cloua des planches aux fenêtres.

Quand la police intervint suite aux nombreuses plaintes des voisins qui n'en pouvaient plus de l'entendre hurler du soir au matin et du matin au soir, ce fut la consternation dans la petite communauté. Quand les forces de l'ordre délogèrent Bob de sa forteresse ils avaient senti une drôle d'odeur, une odeur reconnaissable entre toute, une odeur de mort.

Ils avaient fouillé la maison. Et nombreux furent les vaillants hommes de loi à en sortir en vomissant. Bob n'était pas le gentil voisin timide et un peu gauche que tout le monde imaginait. Et contrairement à ce que l'on imaginait Bob aimait beaucoup les animaux. Surtout quand il les dépeçait encore vivant dans sa cave. Le comble de l'horreur fut la découverte du cadavre putréfié d'un jeune garçon. Les profilers dirent que c'était une chance qu'il ai perdu la raison. Sinon il aurait pu devenir un serial killer de la pire espèce.

Quand tout le monde fut parti, que la maison fut vidée, le chaton regarda les fantômes des bêtes qui l'avaient aidé. Leur mission accomplie chacun partit au paradis des animaux. Et le chaton alla au cimetière, sur la tombe de l'adolescent. Ce dernier l'attendait et le prit dans ses bras.

Et c'est ensemble qu'ils franchirent les portes de l'au-delà

04.07.2008

Loredan m'a tué

Je suis le fantôme d'une idée. J'étais dans sa tête, la tête de ce fou des mots, je tournais en boucle dans son esprit, j'étais là, prête à sortir, je le titillais, lui envoyait des images, des mots, des sons même des odeurs... Je lui proposais un monde nouveau, quelque chose de fou, d'encore jamais réalisé, écrit, pensé... J'étais une bonne idée, révolutionnaire et incroyable.


Ce n'est pas pour me vanter mais j'étais une idée lumineuse, unique, de celles que l'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie. Je suis née au détour d'une phrase lors d'une conversation. Avant je n'étais pas et ensuite je me construisais, lentement mais sûrement. Je regardais mes soeurs autour de moi, m'inspirait de certaines d'entre elle, mais en faisant mieux. J'étais une surdouée. J'ai pris mon temps, mûri. Je voulais être parfaite avant qu'Il ne me prenne et m'utilise. Je me savais éblouissante, éclatante. J'étais une idée coquette.


Et quand il a commencé à se servir de moi, j'étais tellement fière ! Il était le maître des mots, il avait le talent nécessaire à ma réalisation. Je savais que lui et moi, nous serions exceptionnels. A travers lui j'atteindrais l'immortalité. Lentement les mots commençaient à noircir le papier et je prenais forme. Comme un orfèvre il me ciselait, me donnait des reflets insoupçonnés.


Et quelque chose a dérapé. Une autre idée s'est infiltrée, profitant de Sa distraction passagère. Et plutôt que de la supprimer, Il l'a encouragée et m'a  laissé de côté. Je peux le dire aujourd'hui, Loredan m'a tuée. Je suis le fantôme d'une bonne idée, errant à travers le monde dans l'espoir de me réincarner.

03.07.2008

La Maison

C'était une bonne vieille maison en pierre et en bois. L'une de ces demeures qui semblent avoir toujours été là. De mémoire d'homme il y avait toujours eu un bâtiment au sommet de la colline. Au départ il s'agissait d'une cabane en bois, grossièrement assemblée. Puis, avec le temps, elle avait pris de la hauteur, s'était agrandie


Aujourd'hui, régnant sur la vallée en contrebas, la magnifique demeure coloniale de Bartholomée Lee Bouvier tombait en décrépitude, à l'instar de son dernier propriétaire. Le vieil homme n'en sortait presque plus, si ce n'est pour houspiller les gamins du village qui grimpaient dans ses pommiers. On le disait un peu fou, surtout depuis que sa femme et son fils étaient morts dans le grand incendie de 1958.  La maison avait mystérieusement prit feu un beau soir de juin. La structure de la maison n'avait pas trop été endommagée, le feu s'était concentré dans la nursery. On avait retrouvé Bartholomée errant aux alentours, l'air hagard, parlant d'une malédiction et de sa "satanée maison".


Au matin du 29 juin 2008, alors que la ville s'éveillait doucement dans la tiédeur d'un beau dimanche d'été, la maison explosa. Le souffle de l'explosion projeta des planches et des pierres sur plusieurs centaines de mètres. On ne retrouva pas le corps de Bartholomée. Mais on trouva son testament dans chaque boite aux lettres de la ville. Il parlait de la maison, de la malédiction du sang qui l'entourait. Il disait que la première fois qu'on avait bâti sur cette colline le sang avait été versé et que la maison s'en était nourrie. Et qu'elle s'en nourrissait toujours. Il promettait des millions de dollars à celui qui veillerait à ce que plus aucune maison ne soit construite à cet endroit.


Et pendant que les avocats essayaient de trouver une faille dans ce testament, pendant que la ville entière se battait pour devenir le légataire de cet étrange héritage, dans la forêt toute proche de la colline, un enfant construisait un fort avec les planches de l'ancienne maison. Il ne vit pas le lapin disparaître dans la cabane. Il ne vit pas le sang. Il ne vit pas le bois plonger dans la terre pour se nourrir du sang. Mais il vit le lendemain que la cabane était plus grande.

02.07.2008

Halloween

Au restaurant de Francis, la nuit de Halloween était toujours un énorme évènement. Personne ne pouvait y entrer sans être déguisé et avoir réservé. Francis aimait bien cette fête, les gens étaient plus détendus, plus vrais. Comme si le fait d'avoir mis un masque de plastique enlevait celui qu'ils portaient à l'année.

Dans la grande salle il y avait des dizaines de Dracula, de fiancées de Frankenstein, des momies et des infirmières sanglantes mais sexy. Francis regardait ses clients d'un oeil amusé, comparant mentalement les différentes variations sur le même thème que sa clientèle lui proposait. La cloche à l'entrée sonna, signalant l'arrivée de nouveaux clients. Il s'approcha d'eux et les guida vers la petite salle. Il leur trouva un air familier. Probablement des clients habituels, mais habilement déguisés. Il s'agissait du groupe qui avait demandé un peu d'intimité parce "qu'ils ne se voyaient pas souvent et ne voulaient pas être dérangés".

Assis autour d'une grande table ovale, les 13 convives devisaient gaiement, s'apostrophant joyeusement les uns les autres. Francis adora les servir, ils étaient très respectueux. Ils ne manquaient pas de le féliciter pour la qualité de ses plats et pour la saveur de ses vins. La soirée se déroula sans accrocs notables et vint l'heure de fermeture.

La grande salle s'était peu à peu vidée de ses derniers occupants, certains partaient finir cette nuit magique en discothèque, d'autres rentraient chez eux pour retrouver leur vie normale. Francis, quant à lui, se sentait un peu déprimé et très fatigué. Il aimait vraiment cette soirée, unique dans l'année. Et cela l'attristait que la fantaisie qui avait régné durant cette nuit soit oubliée le lendemain au lever du soleil.

La mort dans l'âme, il se résolut à demander aux clients de la petite salle de partir... Il ne lui restait plus que cette salle à ranger, il avait renvoyé le reste du personnel, leur laissant l'opportunité de fêter un peu à leur tour. Il entra dans la petite salle et fut surpris de voir que tout était rangé, nettoyé. Les 13 clients étaient debout derrière leur chaise et le regardait avec gentillesse. L'une des clientes, la plus jolie selon Francis, une grande brune au teint pâle, vêtue d'un vêtement de type grec ancien noir, s'approcha de lui.

On ne sut jamais vraiment ce qui c'était passé durant cette nuit dans le restaurant de Francis. Mais le lendemain on découvrit son corps, un merveilleux sourire aux lèvres. Une rumeur prétend que depuis, à chaque nuit de Halloween la Mort et ses compagnons reviennent se mélanger aux vivants et que Francis leur prépare leurs plats préférés. Car ne dit-on pas qu'il n'y a qu'à Halloween que les morts reviennent pour profiter de la vie ?

30.06.2008

The Ghost In Me

Depuis quelques jours tout est étrange chez moi. Lorsque je m'éveille le matin, certains objets ont changé de place. Mes chats me regardent bizarrement et j'entends en permanence un murmure bizarre. Comme si quelqu'un voulait me parler, mais depuis très loin. J'ai mal à la tête, ô dieux comme j'ai mal à la tête. Cela fait des mois que j'ai la migraine presque en permanence. Et mon médecin avait enfin trouvé un remède. J'ai eu un peu de répit. Deux jours. Puis le mal de tête est revenu. Le murmure et tout le reste ont commencé.  Tout est lié mais je ne comprends pas comment.


Cela commence à me faire peur. Je ne suis pas impressionnable, mais j'ai l'impression de vivre à Amityville, dans la maison du diable. Cette voix, ce chuchotement, je commence à comprendre quelques mots, on dirait des bribes de conversation. "Mort, ta faute, paie". Avouez que ce n'est pas banal. Et j'ai tellement mal... avant j'arrivais à contrôler cette douleur mais aujourd'hui même mes médicaments ne m'aident plus. En dehors de cette douleur il y a la peur. Comment mes livres se retrouvent-ils dans la cheminée ? Pourquoi mon ordinateur est-il allumé ? Mes vêtements, roulés en boule sur le balcon... Et le murmure qui devient plus fort, se transforme en cris, je n'en peux plus. Il faut que cela cesse, il faut que je dorme... La boîte de somnifère, vite. Au diable la posologie si je ne me réveille pas je n'aurai plus mal.

"Oui, dors, et ne te réveille jamais, tu m'as volé ma vie dans le sein de notre mère, tu m'as absorbée, engloutie, mais j'ai tenu bon, logée dans ton cerveau. Oui dors, jumelle qui m'a doublement trahie, laisse la place à ta jumelle assassinée. Ton mal de tête c'était moi qui me réveillais... tes médicaments m'ont tuée... dors à jamais et laisse-moi les commandes de ta vie"

Ecriture

Certains parmis le savent depuis longtemps, j'écris énormément. Des histoires qui me trottent dans la tête et qui ne demandent qu'à sortir. Il y a de cela un milliard d'années (au moins), je m'étais inscrite sur un forum d'écriture. Il s'appelait (et s'appelle toujours) Le Monde de L'Écriture (comme d'habitude, on clique pour faire plaisir à la dame). Si j'ai été très présente pendant quelques temps, la vie ensuite m'a fait abandonné le forum. Ce n'est pas que je n 'aimais plus écrire, mais disons que j'avais quelques soucis. Bref. A la limite, on s'en fout. Samedi soir, après avoir été pique-niquer avec ma frangine, son copain et la famille de son copain, je suis rentrée chez moi et j'ai allumé mon pc pour lire mes mails. Et c'est là que Ambrena m'a agraphée sur MSN et m'a dit : ha ben tu tombes bien, c'est la nuit de MdE. kesako ? Une nuit où un groupe de gens du forum se retrouvent sur msn pour divaguer. Mais surtour pour écrire des histoires de fantôme. Le but était d'écrire 100 histoires de fantômes. J'en ai écris 6 sur les 66 que l'on a réussi à écrire. Ya eu du bon, du moins bon et du carrément génial.

Comme je ne veux pas vous pourrir les yeux, je vais faire en sorte de publier une de mes histoires par jour. Voilà. J'espère que ça vous plaira ^^

Prochain post : La première histoire...